... petit aperçu du système de santé local, Gabriel s'étant dévoué dans le rôle du malade...
Bon, d'abord, soulagement de voir qu'il est possible d'obtenir un rendez-vous dans la matinée. Le diagnostic, sans trop de surprise, ayant révélé qu'il s'agit d'une angine, il a eu droit à un petit prélèvement buccal afin de déterminer la nature de la bébête. Pas de bol, traitement aux antibiotiques nécessaire. Grâce à des avis avisés et à un précédent rendez-vous, le tarif du praticien s'est révélé des plus raisonnables.
Pourquoi un petit chapitre alors, me direz-vous ?
Pour la partie prescription et pharmacie.
Comme nous faisons partie des pauvres patients sans mutuelle locale, le médecin ne vous prescrit pas un médicament réputé très efficace mais coûtant la modique somme de 90 dollars, mais simplement de la bonne vieille amoxicilline.
Là où le pauvre français qui reste attaché à son pharmacien de quartier (gros bisous à ceux qui se reconnaîtront) commence à être dépaysé et/ou à avoir un aperçu de ce qui l'attend d'ici quelques années... c'est lorsqu'il se lance à la quête du précieux remède.
Tout d'abord, prudence. Le médicament étant une marchandise comme les autres (si, si), son prix est susceptible de varier selon l'officine qui le délivre... Si les pharmacies du centre ville sont à l'aulne des magasins de fringue du même endroit, la plus grande circonspection s'impose. Nous optons donc pour une pharmacie de supermarché (de quoi faire frétiller d'aise Michel Edouard Leclerc).
Vous faites la queue une première fois afin de déposer votre ordonnance... et on vous demande de repasser 20 minutes plus tard, pour récupérer votre médicament; heureusement que vous êtes dans un supermarché, pour vous occuper, vous pouvez toujours faire des courses !
Derrière votre dos, se trouvent notamment les rayons des médicaments en vente libre (re-frétillement du sus-nommé); au bas mot, à titre d'exemple : 3 mètres linéaires de médicaments contre les maux de ventre, 4 mètres linéaires de médicaments contre les allergies, 5 mètres linéaires de médicaments contre la fièvre, la douleur (ici , l'équivalent du paracétamol se vend par boîtes de 100 comprimés !),... avec des boîtes de toutes les formes, de toutes les tailles, des pilules aromatisées à des parfums variés, à croquer, à sucer, à avaler... comme des bonbons !
Après un petit tour dans le magasin, faut bien passer le temps, nouveau passage à la pharmacie. Point positif, il est dans une boîte en plastique contenant juste le nombre de pilules correspondant à l'ordonnance (mais bon, 20 minutes pour compter 24 cachets...). Grosse surprise pour la facture correspondante : le montant est égal à... 0 !
Explication : afin de fidéliser ses clients (pour les fois où ils daigneront consommer des médicaments « rentables », pas des génériques de produits découverts il y a plus de 100 ans), et pour le remercier d'avoir dépensé des sous dans le magasin (pour des bons produits plein de bonnes vitamines ajoutées ou des trucs super sucrés et gras mais comme cela, au moins, il sait pourquoi il risque de revenir à la pharmacie, le cher client), les antibiotiques délivrés sur ordonnance sont gratuits (c'est visiblement une pratique assez courante dans les grandes chaînes de supermarchés).
Par contre, votre seul dialogue avec le pharmacien aura consisté en un passionnant échange au cours duquel vous aurez décliné vos noms, prénoms, adresse, et... ? et rien. La posologie est écrite sur l'étiquette et vous savez lire, oui ou non ? alors, qu'est-ce que vous voulez de plus ?
Merci pour le reportage vécu.
RépondreSupprimerJe suis un peu déçu par l'absence de mutuelle locale. La grande université de Princeton n'offre pas ce service à ses visiteurs ?
L'Institute for Advanced Study (IAS) est administrativement indépendant, donc je n'ai pas affaire avec l'université autrement que lorsque je vais assister à un cours ou à un séminaire. Par contre, l'IAS n'offre rien ; ils ont négocié une assurance-santé qui coûte en gros 1000$ par moi pour une famille.
RépondreSupprimerCa fait beaucoup ; comme je garde mon salaire français, nous pouvons bénéficier de la Sécurité sociale (française) et la mutuelle (MGEN) complète modulo une légère surtaxe. Pour les remboursements de la MGEN-Section extramétropolitaine, on verra ce que ça donne. (Ils considèrent qu'on a payé le tarif Sécu multiplié par 4...)
Des documents que je viens de recevoir sous-entendent peut-être qu'ils sont prêts à offrir cette assurance si nous pouvons leur démontrer que bénéficier d'une couverture maladie raisonnable à Princeton (ils ont des critères extensifs) nous occasionne un surcoût.
À suivre...