lundi 19 octobre 2009

C'est toujours mieux chez les autres ?

Il paraît que l'herbe du voisin est toujours plus verte, et la soupe moins salée. En tout cas, je suis resté perplexe (et bêtement satisfait) à la lecture de deux articles du New-York Times cette semaine. Le premier était une column de Nicholas Kristof, Best Antidote to Poverty? Good Teachers, la seconde un débat sur les moyens d'améliorer les résultats en maths des petits américains.

Ce que dit Kristof est plutôt intéressant (comme toujours, et ce n'est pas Nicolas qui me contredira). D'abord, les résultats scolaires des américains reflètent de manière dramatique l'origine raciale: grossièrement trois années d'écart (je ne retrouve plus la référence exacte) essentiellement au désavantage des noirs et hispaniques. La raison principale semble être que les « bons » professeurs sont réservés aux blancs. Son article se gâte un peu sur la fin lorsqu'il se sent obligé de rattacher son sujet à la question des mauvais-professeurs-qu'il-n'est-pas-possible-de-licencier-parce-que-le-syndicat-est-trop-puissant. Il appelle alors à la rescousse un autre article du New Yorker, assez dramatisant, mais un peu anecdotique. (Les histoires des enseignants consignés pendant plusieurs années dans la rubber room aveugle sont assez effrayantes; si je trouve le procédé douteux, je n'aimerais pas que mes enfants se retrouvent avec certains des profs évoqués dans l'article.)

Quant aux problèmes de maths des américains, c'est assez surprenant parce que les écoles de Gabriel et Éléonore m'en donnent une toute autre image. Il paraît qu'il y a un décalage de deux ans entre le programme standard et ce qui se fait dans les écoles de Princeton. C'est possible. De fait, la division est enseignée en 3e (CE2), les tables de multiplication s'apprennent apparemment jusqu'à 12, l'utilisation de symboles algébriques (« calculer avec des lettres ») en tout début de 6e, voire peut-être avant.

En tout cas, la moyenne américaine semble être largement en deçà. Est mise en cause toute une pédagogie « concrète » (un enseignant emploie l'expression solid maths) : des initiatives ayant des noms comme Real Maths, et consistant à compter non pas sur ses doigts, mais avec des cailloux et des jetons. Du miel à mes oreilles d'enseignant réactionnaire !

Ce qu'on apprend aussi dans un autre article du même New York Times, c'est que ces tests ont été réalisés pour évaluer les effets de la loi No Child Left Behind que GWB a fait voter il y a six ans qui rendait les écoles responsables de la réussite des écoliers. Seuls 35% des élèves de 8e année (4e française) atteignent ou dépassent le niveau de compétence requis. À la grande surprise des commentateurs, de nombreux états ont diminué la rigueur des évaluations et la difficulté des tests afin d'éviter les sanctions prévues par la loi...

PS. Pour un meilleur exemple de Kristof au meilleur de sa forme, je vous conseille l'article Dad's Life or Yours? You Choose où un exemple qui pourrait n'être qu'anecdotique démontre la stupidité meurtrière du système de santé américain.

1 commentaire:

  1. Si les mômes US apprennent les tables de 11 (trop facile!) et de 12, c'est sans doute parce que leurs parents s'entêtent à ne pas vouloir comprendre à quoi sert le système métrique, il n'y a pas de quoi s'en vanter. De toutes façons, les Allemands d'avant-guerre (celle de 39-45) faisaient mieux : ils apprenaient les tables jusqu'à 20 -- et ils ont tout de même perdu la guerre.
    Robert

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