L'Amérique peut être totalement loufoque par moments.
Impossible de s'y déplacer convenablement sans voiture, mais le permis de conduire français n'est valable que 3 mois dans le New Jersey, et encore, certaines compagnies de location ne veulent même pas en entendre parler s'il n'est pas traduit. (« Mais pourquoi avons-nous négligé de faire établir un permis de conduire international ? », me dit une petite voix.) Préparons-nous à passer notre permis, donc.
Petite mise-au-point du code de la route. Apprendre quelques choses fondamentales dont la distance (en pieds) avant laquelle le clignotant doit être activé pour avoir le droit de tourner, le taux d'alcoolémie autorisé suivant l'âge du conducteur, les heures de conduite autorisées lorsqu'on a 16 ans, 17 ans, ou plus, et les passagers qu'on a le droit d'y véhiculer — par exemple, si le conducteur a moins de 18 ans, tous les passagers doivent être attachés, et seul un peut ne pas appartenir à sa famille. Parce qu'il s'agit de ne pas se rater: 50 questions, et pas plus de 10 fautes !
Avec un peu de chance, nous serons exemptés de test de conduite, au simple vu de notre permis français.
Là où les choses se gâtent, c'est que pour l'instant, Laure n'a tout simplement pas le droit de le passer, ce fichu permis. En effet, le New Jersey a inventé une procédure exceptionnelle : dans ce pays où la carte d'identité n'existe pas, passer son permis de conduire nécessite d'apporter la preuve de son identité au moyen de « 6 points of ID ». En ce qui nous concerne, le passeport en vaut 4, le compte en banque compte pour un, et j'ai un numéro de Sécurité sociale américaine qui fournit le dernier. Mais Laure n'a pas ce fichu numéro, parce qu'elle n'a pas le droit de travailler.
Nous examinons pas mal d'options pour remédier à cet état de fait, la plus sûre étant probablement de les submerger de papiers d'identité français traduits en anglais (livret de famille, permis de conduire, carte de sécu, etc.). Mais si ça ne marche pas, il en reste une dernière, garantie par le second amendement: obtenir un permis d'acheter une arme. Ce permis s'obtient en remplissant un formulaire tout bête, il faut essentiellement ne pas avoir été condamné et ne pas avoir été victime de troubles psychiatriques. (Épouser un mathématicien n'est paraît-il pas un symptôme de dérangement mental.)
En fait, pour passer son permis, il faut aussi un numéro de sécurité sociale, donc Laure va devoir en demander un, sa demande sera rejetée et elle devra produire le papier qui atteste de ce refus ! La suite d'ici une semaine ou deux.
Cette expérience nous ferait presque regretter l'administration française...
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Ouais, j'ai connu un professeur d'informatique américain à Rutgers qui me disait que même lui il avait des problème pour maitriser l'algorithme des "6 points of ID" du New-Jersey...
RépondreSupprimerCelà dit, ça n'est pas parce qu'il faut un SSN pour travailler qu'il est nécessaire d'avoir le droit de travailler pour avoir un SSN (ah, les joies de la logique, a implique b ne veut pas dire que b implique a... J'adore). On peut très bien avoir une carte de SSN qui porte la mention (en majuscules) : NOT VALID FOR EMPLOYMENT. Mais qui portera quand même le fameux numéro, et donc donnera le point-of-ID qui manque.
Pour le permis international, je me rappelle les avoir obtenus en 30 mn chrono à la préfecture d'Annecy, la veille du départ... Sympas.