jeudi 10 juin 2010

Jazz, Jazz, Jazz...

Parmi les joies des conférences de mathématiques, il y a le programme extra-scientifique. En l'occurrence, une semaine de dynamique algébrique à New York et autant de musique.

Lundi. Jazz Standard, la boîte où j'étais allé avec François L. en mars, proposait le Mingus Dynasty, un petit ensemble (4 cuivres, piano, basse, batterie) dans la tradition de Charles Mingus, un immense contrebassiste et compositeur. C'était plein d'énergie et de lyrisme — très belle Alice in Wonderland notamment, une des caractéristiques de la musique de Mingus.

Mardi. Smalls, une toute petite salle dans Greenwich Village, dont la caractéristique est de faire payer une entrée pour toute la soirée. (Très bonne glace juste avant, pêche et fruit des bois  je n'ai pas osé le parfum huile d'olive.) On a entendu la fin du premier set, un trio piano/basse/batterie totalement congelé qui jouait de la musique toute écrite, pas très marrant. Mais ce n'est pas pour ça qu'on était venus, car au programme des deux sets suivants, on pouvait entendre le quartet de Pete Rende, avec Mark Turner au saxophone (très chaleureux) et surtout Paul Motian à la batterie. J'avais déjà parlé de Motian après l'avoir entendu avec Chick Corea et Eddie Gomez en mai, son jeu ce soir-là était assez classique. Ce soir, ça l'était nettement moins, avec un tempo très souvent implicite (marque de fabrique du musicien) sans (heureusement !) que ça ne gêne les autres musiciens qui, à ce niveau, n'ont pas besoin de la stimulation d'un rythme régulier pour créer. Très belle soirée.

Mercredi. The Stone, une salle encore plus petite dans Alphabet City, là où les avenues ont des lettres et non des chiffres. Cette salle, dont le propriétaire est John Zorn, est consacrée à la musique expérimentale et avant-garde. De fait, on a entendu le trio de Sylvie Courvoisier, avec Thomas Morgan et Ben Perowski. Sylvie utilise son piano d'une façon qu'on pourrait juger non conventionnelle, elle était souvent « dedans », à trifouiller directement les cordes plutôt que de taper sur les touches, ce qu'elle faisait d'ailleurs avec une belle virtuosité. Le trio est encore un peu jeune et l'ensemble manquait peut-être un peu de la rondeur qui vient avec l'habitude de jouer ensemble... Il faut dire que cette musique est très hachée, avec des changements subits de tempo, de volume sonore, ou simplement de couleur. Dans ces conditions, ce n'est pas facile pour les accompagnateurs d'accompagner sans être légèrement en retard. En tout cas, si elle n'est pas toujours facile à pénétrer, la musique de Sylvie Courvoisier est très belle, bien au-delà des clichés de la musique de jazz qui se veut contemporaine.

Jeudi ? je ne sais pas encore... J'irais bien entendre le quartet de Wayne Escoffery au Village Vanguard ou le nonet de Joe Lovano au Lincoln Center, mais j'ai un exposé à préparer pour demain. Il faut travailler de temps en temps, même si rien n'interdit de le faire après le concert, il faut aussi dormir de temps en temps...

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