vendredi 14 mai 2010

Remembering Bill Evans

Il y a près de 50 ans, le pianiste Bill Evans faisait une série de concerts mémorables au Village Vanguard de New York avec un jeune contrebassiste nommé Scott La Faro et un batteur à peine moins jeune, Paul Motian. Ce trio était très moderne. Alors que, classiquement, le bassiste et la batterie créent un tapis rythmique et harmonique sur lequel la mélodie s'installe tranquillement, les trois musiciens improvisaient simultanément sans que la musique ne soit jamais confuse (les tempi sont assez lents, c'est encore plus difficile à bien jouer). Ces concerts ont été enregistrés. Si vous aimez le jazz et n'avez jamais écouté ces disques, arrêtez tout ce que vous faites et allez les écouter sans délai.

Hélas, le contrebassiste, prodigieux, est mort quelques jours plus tard d'un accident de la route. Ensuite, parmi les contrebassistes qui lui succédèrent au côté de Bill Evans, il faut noter Eddie Gomez qui l'accompagna pendant plus de dix ans. Bill Evans a continué de jouer une vingtaine d'années avant de mourir en 1980, usé par la drogue.

C'est peut-être pour cela que tout le monde se pressait aux concerts proposés ces deux semaines par le Blue Note, à New York. On pouvait y entendre Chick Corea (piano), Eddie Gomez (contrebasse) et Paul Motian (batterie) ! Donc deux tiers du trio de Bill Evans, et un pianiste tout aussi génial.

Pas de surprise, le concert était très très très beau... Notamment une superbe Waltz for Debby, un joli tango, et pour finir, un morceau bop plus rapide dont je n'arrive plus à me souvenir du titre :-( ! Paul Motian que j'avais déjà entendu deux fois en concert (avec des formations plus modernes, et que je n'avais pas tellement apprécié à l'époque) a été sublime, avec un swing soigneusement caché, mais bien là. Philippe (mon professeur de batterie) décrivait son jeu comme celui d'un coloriste qui mettrait de la couleur sans faire de dessin au trait. Et ce soir, plutôt que le classique taa ta-ta taa ta-ta, on entendait quelque chose de moins insistant et plus varié, un taa ta-ta taa taa ta-ta ta-ta, qui chevauchait facilement les mesures tout en étant très clair.

Un bémol : ils ont joué 60-70 minutes et puis c'est tout. Pour la suite, revenez au 2e set, en repassant par la caisse, évidemment.

Le seul et sérieux point noir : assis au bar (les tables étaient hors de prix), on avait le droit aux bruits de verres, de glaçons, etc. sans parler du lave-vaisselle sur la fin.

1 commentaire:

  1. Le morceau bop qui a clos le concert était Hot House, de Tadd Dameron. Merci à Julien de l'avoir reconnu après que je lui ai chantonné la première phrase !

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