mercredi 12 mai 2010

Anglophonie

J'apprends par le New York Times que la petite ville de Jackson (État de New York) a décidé de rendre la langue anglaise obligatoire dans toutes les affaires publiques. Des villes voisines ont fait de même. Pourtant cette décision ne fera pas long feu car elle est contraire à d'autres lois (fédérales, notamment) qui protègent de toute discrimination des citoyens dont les compétences en anglais seraient faibles.

De fait, l'affichage professionnel à l'Institut est en anglais et en espagnol. Pas les annonces de séminaires, mais tout ce qui concerne le droit du travail, le salaire minimum, la personne à qui on peut (doit ?) dénoncer les activités illégales et autres harcèlements. Mieux : une petite note en bas indique que si l'on a besoin d'une version dans d'autres langues, on peut s'adresser au Bureau du Travail de l'État du New-Jersey !

Et l'anglais n'est pas la langue officielle des État-Unis, pour la bonne raison qu'il n'y en a pas. (Une légende dit que l'allemand a failli devenir langue officielle, mais j'apprends de La Gazette de Berlin qu'en fait, il était juste question de traduire en allemand les textes de lois.)

En Europe, nous avons bien sûr des langues officielles.

En France, certains voudraient bien instaurer un examen de français avant la naturalisation.

Et ça se complique lorsqu'une même entité a plusieurs langues officielles, car certaines deviennent plus officielles que d'autres. L'Union européenne, par exemple, a 23 langues officielles (!) et trois langues de travail (anglais, allemand, français), mais il paraît que l'anglais domine de plus en plus, surtout depuis la dernière commission. Ce n'est sûrement pas grâce à l'europhilie britannique.

Et en Belgique, des communes flamandes refusent à des francophones le droit d'y acheter une maison, tant sur la côte qu'à Overijse, tout près de Bruxelles, voir le récit de Jean Quatremer)...

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