vendredi 9 avril 2010

Une bande de jeunes

Pendant quatre jours, François L., un ami parisien et mathématicien, est venu à Princeton pour qu'on fasse avancer une jolie histoire liée à la formule de Poisson motivique... Nous en avons profité pour aller écouter dans un club de jazz à New York (Jazz Standard, sur la 27e rue). Voyage aller un peu long, la locomotive ayant eu des vapeurs (peut-être parce qu'il faisait 30°C) ; voyage retour long aussi parce que les trains sont omnibus la nuit.

Je vous épargne nos histoires de poissons (pas d'avril, pour le coup !) dans ce blog et vais parler du concert. Il s'agissait de Randy Weston — African Rhythms. Randy Weston est un jeune pianiste de 84 ans dont la musique de jazz, comme son nom l'indique, est très influencée par l'Afrique. La plupart des morceaux étaient à trois temps, au moins pour partie, mais si l'on pouvait reconnaître — ressentir — la pulsation de la valse, la musique était très loin du musette ou de la valse viennoise. Sur Youtube, j'ai trouvé cette vidéo de Little Niles, le morceau qui a ouvert le concert (il commence par deux minutes de piano solo, le thème proprement dit commence ensuite ; admirez la décontraction et la lisibilité du jeu de Weston !).

Pour ce concert, quatre musiciens l'accompagnaient. Je ne les connaissais pas mais leurs états de service sont pour le moins respectables. T.K. Blue jouait du saxophone alto et de la flûte traversière (jeu superbe, tout en décontraction, là encore, avec de belles mélodies — dans le style africain, on se croyait parfois sur un tapis volant). À la contrebasse, Alex Blake, c'est inusuel, se servait souvent de son instrument comme d'une guitare. Neil Clarke jouait des percussions africaines (pas seulement) et, en tout cas, en jouait avec les mains : trois congas, un djembe, des cymbales (j'avais mal pour lui lorsqu'il les frappait avec la paume !), etc. ; là encore, Youtube est notre ami et vous pouvez écouter ça, ou encore ça. Enfin, Benny Powell jouait du trombone ; il était tout aussi remarquable que ses collègues, mais la lecture de son CV l'est encore plus : ce jeune homme jouait avec Lionel Hampton de 1948 à 1951, puis avec Count Basie de 1951 à 1963...

Pour ceux qui sont dans le coin, Randy Weston joue jusqu'à la fin de la semaine, dépêchez-vous ! Pour les autres, T.K. Blue m'a dit qu'ils joueraient à Marciac cet été.

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