mardi 13 avril 2010

Maître Eolas, Roger Gicquel et la peine de mort

Je vais régulièrement visiter le blog de Maître Eolas, un avocat parisien qui tient une chronique régulière du droit, de ses usages et de ses abus. C'est souvent très comique, mais très sérieux aussi, car il argumente dans le détail, code pénal à l'appui. (Cette lecture suppose de trouver essentiel pour la démocratie de savoir si l'individu X, vraisemblablement coupable de divers méfaits, doit, ou non, être emprisonné pendant trois jours avant de comparaître devant un juge. Qui sait, elle a peut-être des vertus pédagogiques?...)

Je lui dois aussi d'avoir corrigé une grave erreur de jugement que je portais à Roger Gicquel, journaliste mort début mars. Dans son billet à ce sujet, Maître Eolas inclut deux anciennes vidéos du journal télévisé de TF1, alors chaîne publique, présenté par le journaliste. Dans la première, le jour de l'exécution de Christian Ranucci, il ne fait pas mystère de la honte qui l'étreint d'avoir à annoncer une telle nouvelle, tout en effleurant les limites de l'interdiction qui lui est faite de commenter de quelque manière que ce soit l'exécution. La seconde, « La France a peur », a corrigé l'erreur de jugement que j'évoquais plus haut. L'impression qui ressort des 10 premières secondes de ce journal est alarmiste ; au bout de deux minutes, vient l'appel à la raison, au-delà de l'horreur du crime.

Allez voir ces vidéos, je crains que la télévision ne donne plus guère à entendre de tels avocats de l'humanité.

Exception notable, et dans le même registre, le film, L'abolition,  diffusé l'an dernier, qui relate le combat de Badinter contre la peine de mort. Charles Berling y est très convaincant. (L'existence de la peine de mort aux États-Unis inquiétait beaucoup les enfants à leur arrivée ici...)

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